BIOGRAPHIE
Il suffit de peu pour vivre un coup de coeur : une rencontre sous la pluie, comme aux Francofolies de Spa 2007, où Saint-André a livré son premier show-case, parvenant à vaincre les éléments naturels, Au piano comme à la guitare. Ou une écoute de son premier 4-titres, « Un autre que moi », paru pour l'occasion. L'un comme l'autre a suffi. Saint-André, c'est une plume, en français dans le texte, et c'est une voix. Pour commencer. C'est un son aussi. Une force inouïe et une ambition folle. On sait déjà que Saint-André est fait d'un bois qui dure, qui vit et qui respire pour la bonne chanson pop.
Saint-André, c'est un groupe, formé à Liège. Mais c'est aussi et avant tout un Artiste : Jean-Charles
Santini, chanteur, auteur, compositeur, guitariste, pianiste.
Etudiant, Jean-Charles sort, beaucoup, rencontre la scène belge et fait le grand saut. Déjà qu'à 13 ans, à Bastia, fort de ses études de piano au Conservatoire, il découvre le jazz au sein d'un big band . La musique a toujours été là. L'écriture aussi. Il ne manquait plus qu'un déclic :à Liège, il trouve ses
musiciens, monte Saint-André et réalise une démo qu'il envoie au concours Musique à la Française. On est en 2005 et Saint-André figure parmi les lauréats. Jeronimo, enfin, joue la bonne fée, en voyant Saint-André en concert à Liège. Il envoie la démo chez Bang !, et en parle à son tourneur. L'équipe est au complet.
L'amour emmène Jean-Charles à Paris où il vit et continue d'écrie des chansons, mais son coeur le ramène aussi sans cesse en Belgique où il retrouve, de Saint-André, le talentueux guitariste Sam Voccia «véritable complice artistique » , ainsi que le bassiste Jeffo Sculfort et le batteur Thomas Jungblut.
« Saint-André est le village de mes grands-parents, dans la montagne de Castagniccia, à 100 kilomètres de Bastia. Avec mes parents, on y allait souvent en voiture. Le trajet me semblait ennuyeux quand j'étais gosse. Heureusement que j'avais, pour m'évader, mon walkman. A 10 ans, j'écoutais Police, Supertramp, Genesis, les Beatles et John Barry. »
Jean-Charles ignorait à l'époque qu'il travaillerait un jour avec le producteur anglais Ian Caple qui, avant de se rendre célèbre avec les Tindersticks, Tricky, Alain Bashung ou Yann Tiersen, avait bossé avec John Barry.
Mais c'est en français que veut chanter le Corse dont la passion consiste à bien placer les mots, à bien les faire sonner. Comme un Gainsbourg, comme un Aznavour (dont il reprend admirablement le «Comme ils disent », une chanson contre toutes les formes d'intolérance), comme un Bashung.
« J'ai pris mon temps pour faire ce disque. Il fallait que chaque mot sonne. Je voulais me donner les moyens de faire un album ambitieux. Je suis super exigeant pour ça ».
Le single « Un autre que moi » ouvre Le grand soir qu'a réalisé, au studio Caraïbes de Bruxelles, Ian Caple. Un rythme endiablé, une histoire d'amour, une mélodie enjouée, une voix à la fois haut perchée et dotée d'un joli grain : le style Saint-André est né. Celui d'une chanson de qualité, celle auxquels les Zazie, Calogero ou Raphael nous ont habitué.

Le Grand Soir (Wagram Label 2007)
« Les petits soldats » est une « Fantaisie militaire » digne du modèle Bashung. Ian Caple a apprécié. « Est-ce que les hommes pleurent parfois? » est le genre de chanson née d'un titre fort et original. «Mauvaise nuit pour George Best » (tiré d'un article de journal contant la fin du grand footballeur), « Mille amants amènes », « L'ennemi du royaume » sont de cette trempe pleine d'imagination. De l'autobiographique « A Paris je ne pense » au récit touchant de ce petit garçon d'1m37 qui a perdu son papa (« Papa est près de moi »), Jean-Charles, en quelques touches fines, d'un pinceau
impressionniste, dresse un joli portrait des sentiments humains. Qui se termine (avant, en morceau caché, l'apparition de Jeronimo sur « 12h34 ») par le délicat « Le grand soir » : « Je cherche toujours le grand soir, dit Jean-Charles, l'art et la manière, l'élégance en toute circonstance, l'inaccessible
étoile. ».
Saint-André vit déjà son grand soir. Son disque sort en France, sur Wagram, au mois d'octobre. On n'arrêtera pas d'en entendre parler dans les mois à avenir.